festival #21

La CHOSE mentale, des NFT à l’œuvre

Pour un « ici et maintenant » de l’œuvre reproductible.
Des NFT à l’œuvre... ; par ce sous titre, la CHOSE mentale, thématique du 21ème festival accès)s(, entend montrer que si l’acronyme NFT espère devenir le phénomène artistique de l’an 21 de ce 21ème siècle, c’est conjoncturellement dû à l’ajustement d’un marché de l’art spéculatif face à une réalité disruptive. Car, comme l’a pointé le philosophe Bernard Stiegler : Dans la disruption tout s’use, sauf l’Art !

Par ailleurs, si dès 2015, Mark Zuckerberg déclarait « qu’après la Réalité Virtuelle, la Télépathie serait le prochain horizon de la technique », la situation sanitaire mondiale a poussé les ArtDealers à, non seulement désigner les technologies numériques comme le nouveau paradigme artistique marchand - qui connaitrait le même essor que le secteur du luxe (1) - mais à regarder les œuvres nées de l’esprit de la machine comme une nouvelle Cosa Mentale. « Chose de l’esprit » définit par Léonard de Vinci 500 ans plus tôt pour définir la peinture... Au cours des 2 derniers siècles cette Cosa Mentale a été l’enjeu de recherches esthétiques à travers une relecture de thèses para-psychanalytique associées aux technologies électro, chimico, neuro-mécanique émergentes. De la phonoscopie aux psych-icônes, artistes et autres mouvements ésothériques ont tenté de réifier l’échange auratique, spectateur/œuvre, par l’écriture automatique, les expériences télépathiques, et autre capture photographique de sentiments d’âmes... Au règne de l’hyper-connection digitale qui statufierait cette «Chose Mentale», ils ont développé une grammaire spectateur toujours plus ouverte pour dialoguer mentalement avec le regardeur, l’œuvre en interface.
C’est donc avec une dizaine d’œuvres contemplatives, émergentes et historiques, qui font dialoguer arts et sciences, que La chose mentale propose une vision de l’invisible appliquée à un spectateur acteur d’une expérience chaque fois renouvelée. Ainsi, de Marcel Duchamp à Maurice Benayoun, de Fabrice Hyber à Stephanie Solinas en passant par Matt Mullican ou Tania Mouraud, cette exposition propulse l’artiste contemporain en valeur refuge d’un savoir : comme valeur des valeurs.
Value of Values, pièce in progress de Maurice Benayoun, invité d’honneur du festival
accès)s( #21, se révèle en dispositif producteur, profanateur et créateur de NFT à travers des spectateurs quantiques à la fois penseurs, collectionneurs et travailleurs. Benayoun propose une Brain Factory où chacun peut mentalement faire Art, et redonner vie à l’ici et maintenant (au hic et nunc tel que l’a définit en 1935 Walter Benjamin face à la reproductibilité technique) de l’œuvre d’art. Ce hic et nunc, que tout le monde pensait perdu face aux technologies mécaniques, électroniques puis numériques. Cet « ici et maintenant », Benayoun le réhabilite avec Values of Values.
A travers des œuvres produites par l’expérience spectateur, son dispositif machinique VoV propose un résultat propriétaire de chaque face à face visiteur/œuvre. En associant Neurosciences, Finances et Travail, l’artiste propose un nouveau paradigme aux NFT : celui de l’œuvre unique née du spectateur qui l’a frappé, telle une monnaie de l’ « ici et maintenant » pour en fabriquer à la fois une poésie transactionnelle, un Token négociable et la sculpture mentale d’un savoir « collectionnable ». Affirmant ainsi sa Valeur des Valeurs : Celle être à l’art à travers La chose mentale.
JJG
(1) The Art Newspaper #625 « le marché de l’art numérique connaîtra le même essor que le secteur du luxe » (Dirk Boll - Christies)